Week-end en solo, chauffage en déroute, grosse couette sur le canapé, vague envie de pas bouger (ou pas trop), je cherche quelque chose qui m'occuperait toute la journée et qui me changerait un
peu. Sauf que je n'ai pas Le Seigneur des anneaux sous la main (marche aussi avec Star Wars, Retour vers le futur ou Indiana Jones, par exemple.) Je réfléchis, et, eurêka ! Je me lève et vais
chercher une petite chose tout aussi sympa : Alien. Volumes 1 à 4. Aaaah. Ca faisait longtemps. (WARNING ! ENORMES SPOILS !)
Dans le premier, Alien, le huitième passager, nous faisons la connaissance d'Ellen Ripley, dont l'histoire personnelle va être passablement marquée par un
nouveau pote plutôt... collant : l'alien, sorte de super-archi-méga-prédateur. Elle lutte, s'en débarrasse, dérive dans l'espace 57 ans, est retrouvée, et au réveil, se voit confier la mission
d'aller se fourrer dans la gueule de l'alien. C'est ici qu'AlienS débute, et s'il y a un "s", c'est pas pour rien : la rencontre avec la maman alien
multi-pondeuse y est sans doute pour quelque chose. Ripley s'en sort, finit encore par dériver dans l'espace, pour aller se crasher sur Fiorina161. Changement de décor pour Alien3, c'est dans une prison sous-armée que Ripley va devoir faire face aux intrus. Elle finit par être infectée, et, pour éviter tout drame, se jette dans du plomb en
fusion. FIN. Ou presque. La science va permettre, dans Alien, la résurrection -tout est dans le titre, de cloner des p'tits bouts d'ADN de Ripley et
d'extraire le mini-bestiau qu'elle a dans le bide pour en faire l'élevage, à des fins humanitaires, bien entendu. Sauf que, pour changer, ça va pas marcher comme prévu. Ripley bute -salement- son
bébé, la navette atterrit, la Terre est sauvée. RE-FIN.
+ ce que j'aime au pays des aliens :
-Chouette, une nouvelle espèce à éradiquer ! Sauf qu'elle va nous donner du fil à retordre, celle-là, un peu plus qu'un nonchalant tigre ou un bête grizzli. L'alien est fin, vif, rapide, il a des
crocs de malade dans sa double bouche, sans cesse la bave aux lèvres (euh...babines ça marche pas non plus), il réfléchit un peu, est capable d'adaptation rapide au milieu, peut aussi prendre le
meilleur de l'hôte-matrice, possède des doigts longs comme mes bras, et peut tuer d'un coup de boule. Ah, et vaut mieux éviter de trop le trouer pour le tuer : son sang, c'est de l'acide
perchlorique concentré, en un mot, ça vous tombe dessus, ça vous traverse. (Sauf que parfois, pour les besoins du scénario, ça marche moyen-moyen quand même.) Une petite partie de chasse, ou quoi
?
-L'univers : les vaisseaux, les équipements, les vêtements, tout est plutôt crédible (sauf les coupes de cheveux dans le deux, faut pas exagérer quand même.) Les effets spéciaux, la débauche
métallique des vaisseaux, l'ascétisme de la déco dans les divers navires stellaires donne vie à ce futur improbable, puisque rappelons-le, on doit tous crever dans moins de 10 mois (ahahah). Les
lumières, éteintes, blafardes, bleues ou rouges sont toujours dans le ton. Les maquillages, discrets voire inexistants, sont de bon aloi (excepté pour le sang-mêlé alien du 4, j'y reviendrai.)
Les avancées technologiques sont, elles aussi, bien dosées, et envisageables, si on envisage toutefois de voyager dans l'espace comme on prendrait sa bagnole.
-Le(s) casting(s) : d'abord, le choix des réalisateurs : Ridley Scott, James Cameron, David Fincher et Jean-Pierre Jeunet, rien que ça. Je ne dis pas qu'ils n'ont fait que des bons films, mais
c'est quand même pas du tout-venant, et ça se ressent. Le premier laisse une impression de mauvais cauchemar, le deuxième ressemble plus à un film de guerre (mais comme d'hab avec Cameron, c'est
trop long), le troisième est étouffant, tandis que le dernier est plus... coloré. Ensuite, le casting : Sigourney Weaver, magique de bout en bout. Peur, détermination, fatalité et sensualité pour
ce lieutenant qui a de la couille. Il serait difficile de rendre ensuite leur place aux seconds rôles, tous plus convaincants les uns que les autres - dans le dernier cependant, quelques
personnages de trop.
-La vision de l'Homme : l'Homme, cet apprenti-sorcier, qui ne doit pas avoir assez de problèmes pour se permettre d'aller en chercher de cette taille. Et qui montre, de fait, une impressionnante
faculté à aggraver des situations déjà pas géniales. Le gros naze de la compagnie dans le deux, qui laisserait bien crever cette gênante Ripley. "Quelle créature incroyable ! Et si on en faisait
un chien de berger ? Et si, pour cela, on sacrifiait plein de gens-cocons ? Merde, on a raté un clone ! Pas grave, continuons les amis, on finira bien par en avoir un viable !" L'Homme persiste
et signe dans ses erreurs. Une vision sombre, mais qui colle bien à l'ambiance générale.
- ce que je n'aime pas au pays des aliens :
-Putain, font chier ces français, faut toujours qu'ils en fassent trop : c'est quoi cette tête de merde pour l'alien ultime ? Le mélange alien/Ripley aurait du aboutir à une merveille, avec deux
châssis comme ça, c'était presque trop facile. Presque. La preuve. De la guimauve rosâtre avec un nez horriblement en trompette qui tient on ne sait comment à un crâne sans contour, des cavités
oculaires qui changent de profondeur comme Adriana de montures de lunettes, il donne un peu envie de chialer. Tout comme sa fin qui, loin de manquer d'imagination, pâtit d'une esthétique pour le
moins contestable.
-Le renouvellement perpétuel du casting : on aurait pu en faire survivre un de temps en temps. A part Ripley et le chat, s'entend. En effet, ceux qui auraient éventuellement survécu à la fin d'un
film sont négociés dès les premières images du film suivant. Finalement, Ripley a quand même pas mal de raisons de se foutre en l'air à la fin du trois.
-C'est pas fiable-fiable les vaisseaux spatiaux : ça tombe toujours en panne quand il faut pas. Crashes indésirables, démarrages contrariés, avanies permanentes, ça aide pas pour s'en tirer face
à des fourmis géantes. On les oblige pas à faire des entretiens et des contrôles techniques dans le futur ? Vivement 2122 !
Ca faisait longtemps que je ne les avais pas vus, et je n'attendrai pas aussi longtemps pour les revoir. Epoustouflant. Tendu. Imaginatif. Cauchemardesque. Esthétique. Captivant. Je n'ai pas pu
arrêter avant d'avoir mangé les quatre. J'aime. Le premier pour son ambiance, le deuxième pour l'angoisse de la multitude, le troisième pour son final (qui a visuellement mal vieilli) à la
symbolique éclatante, le dernier pour le jeu de Weaver et la débilité de l'Homme. La prochaine fois, je les mate en version longue. A consommer sans modération.